FUNK DES ANNEES 80
Les années 1980 marquent la dernière
étape de l'évolution du funk. Aux
États-Unis, on parle d'Urban music. Le funk des
années 1980 est caractérisé par
un son beaucoup plus lisse et accessible que d'autres styles de
funk exercés
dans les décennies précédentes. Les
instruments et les productions deviennent
plus digitales qu'organiques (synthétiseurs, boîtes
à rythmes, programmation) et
les mélodies plus proches de la pop qu'auparavant, dans un
but crossover,
c'est-à-dire celui de plaire à un large public,
notamment au public blanc.
Souvent rejetés par les puristes car flirtant avec des
formes qu'ils considèrent
plus commerciales comme le disco (alors qu'il s'agit simplement
d'un style
différent, essentiellement destiné à la danse
en boite de nuit, mais tout aussi
recherché), des groupes comme Earth, Wind and Fire ou Kool
& The Gang jouent une
musique sophistiquée, dans laquelle la production prend une
place plus
déterminante. Le genre s'oriente vers l'électronique,
les beats sont plus
étayés. La basse, dont l'apogée pourrait
être l'année 1982 (voir le LP de
Stanley Clarke Let me know you) et le synthétiseur, beaucoup
plus marqué en
1984, forment l'essence de la mélodie. Des sons
caractéristiques - ces petits
sons fuyants et entraînants - sont depuis samplés et
réutilisés dans de nombreux
genres : pour s'en rendre compte il suffit d'écouter
quelques morceaux choisis
de rap West Coast, qui réutilisent de nombreux sons et
morceaux. Des artistes ou
groupes tels que Zapp & Roger, Cameo, Mtume, The Gap Band, One
Way, George
Clinton/Parliament/Funkadelic, The Ohio Players ou même Rick
James,
appartiennent aussi à cette famille du funk.
Bien évidemment les années 80 sont marquées
par l'apparition d'un génie du genre
: Prince. Prince réussit l'alliance du funk cuivré de
James Brown et du son
électro de Georges Clinton. Il fusionne ce funk avec un rock
sans complexes, et
sert cet ensemble avec des mélodies dignes des Beatles (ce
qui lui permettra
d'être à ce jour l'artiste funk le plus populaire avec
des records de ventes
inégalés). Les concerts de Prince démontrent
ses qualités de funkmaster et
perpétuent les valeurs du funk, à un moment où
Michael Jackson dénature ce son
black pour glisser vers un son pop.
En parallèle de ces groupes et artistes très connus ,
le funk des années 1980
est aussi marqué par un nouveau phénomène,
celui des grands producteurs (Kashif
, Leon Sylvers III , Willie Lester/Rodney Brown , William
Anderson/Raymond
Reid...) et des grands labels spécialisés dans le
Funk et dans un certain style
de Son (Salsoul, Solar , Prelude , Capitol...). Durant cette
période de nouveaux
labels apparaissent et un très grand nombre de Maxi sortent
pour des groupes qui
parfois ne fond que quelques titres avant de disparaitre. C'est une
période
extrêmement prolifique , avec au final , une très
grande variété de sons. C'est
la partie cachée de l'iceberg , toute une galaxie d'artistes
qui n'est que trop
méconnue.
Vers le milieu des années 80s un déclin relatif du
funk - ou son recyclage ? -
s'amorce , en 1985 on voit la naissance de l'électro avec
des artistes comme
Colonel Abrams. En 1987-1988, la naissance du New Jack Swing et de
la Dance
contribue à son éclipse.
Plusieurs styles de funk sont actuellements reconnus par les
amateurs du genre.
Parmi ceux-ci on retrouve :
Funk-soul : funk du début des années 80
fortement connotée soul music (ex :
Leon Ware).
Boogie-Funk : funk début 80 plus dansante (ex: Pure
energy, Change, Atkins ).
Italo Funky : Mélange d'italo (ex: sabrina) et de
funk. Ce style provient
principalement d'Italie et c'est illustré avec des
artistes tels que Mike
Francis, Ago, Rainbow Team ou bien encore Kano (alias Dr.
Togo).
Electro-Funk : que l'on retrouve principalement à
partir de 1984 et qui est un
savant mélange entre instruments de tradition et sons
numériques (ex: Carmen,
Yvette Cason , Risan ,etc.).
Modern soul ou northern soul : dérivé musical
de la soul à mis chemin entre le
funk et la new jack que l'on retrouve principalement dans la
deuxième moitié
des années 80.
Il existe d'autres appélations caractérisant les
morceaux tels que midtempo ou
uptempo indiquant l'ambiance général du son
(mélodieux ou dansant)
Le funk n'a pas été qu'un mouvement musical
nord-américain. On retrouve de
nombreuses productions provenants de divers pays tels que
l'Angleterre, le
Brésil, le Nigéria, l'Italie, le Japon, la France,
l'Espagne ou encore la Suède.
Depuis les années 1990 [modifier]
Aujourd'hui, le funk reste un genre qui insémine de nombreux
morceaux : l'écoute
successive de Atomic Dog de George Clinton (1982), puis de What's
my name de
Snoop Doggy Dogg (1993) en est un bel exemple. En effet, tout au
long des années
90 et 2000, les producteurs hip-hop et R'n'B puisent beaucoup de
samples et de
breakbeats dans les disques de funk de l'époque
pré-disco (avant 1975).
Les disques de la grande époque funk attirent toujours de
nombreux amateurs,
comme en témoignent les nombreux vinyls qui circulent sur
les sites d'enchères
ainsi que le nombre de conventions discographiques en France, qui
réunissent les
passionnés. Le funk est présent sur les radios et en
discothèque lors des
soirées Night Fever, notemment le vendredi et le samedi
soir.
Quelques artistes représentatifs














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